Altritaliani
Photographie - Livres photos

Interview du photographe Mauro D’Agati, auteur de Napule Shot et Alamar

sabato 19 febbraio 2011 di Cédric Vigneault, Evolena

Puoi leggere l’intervista di Altritaliani in versione italiana o francese.
“Napule Shot” et “Alamar” sont, après “Vucciria” et “Palermo Unsung”, les deux derniers livres de photos de Mauro D’Agati, publié chez l’éditeur d’art Steidl en 2010. D’Agati, né en Sicile en 1968, a commencé à travailler en tant que photographe professionnel dès 1996 et jouit aujourd’hui d’une visibilité internationale. Cédric Vigneault l’a interrogé sur son parcours photographique qui va de Palerme, Naples, Las Vegas en passant par Cuba, jusqu’à Paris Photo 2010.

  INTERVIEW DE MAURO D’AGATI EN FRANCAIS

Cédric Vigneault : Pouvez-vous nous présenter votre parcours de photographe, de Palerme à Paris Photo 2010. Quelle a été votre formation initiale, vos influences ?

Mauro D’Agati : En préambule, je précise que je serai bref pour ne pas ennuyer les lecteurs.
J’ai fait des études de droit et puis j’ai suivi ma passion.
J’ai commencé à photographier Palerme, tout seul.
Campements nomades, cirques, musiciens de jazz, banlieues, et puis j’ai passé des nuits entières en chambre noire.
Je demandais l’avis d’amis et de photographes. Je me suis toujours intéressé à ce qui se passait à l’étranger et inévitablement j’ai dû être un peu influencé par tout ce que je regardais.
J’aime la bonne photographie et spécialement celle des auteurs qui ont développé leur propre langage et leur propre poétique, même différente ou lointaine de la mienne.

C.V. : Avez-vous un traitement particulier des images argentiques/numériques ?

M. D’A. : Non, exception faite pour mon travail «Vucciria». Dans ce cas-là, j’ai utilisé des pellicules diapositive et je les ai développées avec le procédé C41, celui qu’on utilise pour les négatifs couleur. Au moyen du Cross processing

C.V. : Dans «Vucciria» , vous utilisiez des couleurs saturées, et notamment le rouge, le quartier prenait des teintes sanguinolentes fidèle à ses racines étymologiques «Bucciria». Avec «Napule shot», c’est l’utilisation omniprésente du flash pour décrire un monde perdu dans les mythes du star système, alors que dans «Alamar», vous semblez privilégier la lumière naturelle ou la lumière d’ambiance. Qu’est-ce qui détermine vos choix techniques ?

M. D’A. : Des états d’âme et le genre d’histoires.
Pour «Alamar», appareil photo de moyen format, couleurs chaudes, temps longs, temps cubains. Relativement peu de clichés et de temps pour penser et photographier. Contemplation.
Pour «Vucciria», des couleurs acides et des contrastes forts. Un peu comme Palerme et les grandes villes du Sud.
Pour Naples, appareil numérique, l’histoire étant frénétique et compliquée. Le flash pour des contraintes de lumière et vélocité.
Nécessité de rapidité et de contrôle quasi immédiat des résultats étant donné le caractère unique, impossible à répéter de certaines situations.
Plus que de choix techniques, je parlerais volontiers d’approche psychologique d’histoires différentes et donc de choix des moyens les plus adaptés à une situation donnée.

Napule Shot © Mauro D’Agati/Courtesy Steidl Verlag

C.V. : Est-ce que, par exemple, l’utilisation du flash dans «Napule Shot» est un clin d’œil au star système en détournant son utilisation dans le cadre d’un reportage ou peut-on y voir une forme d’hommage à Wee-gee ?

M. D’A. : Avant tout, comme je l’ai déjà dit, la manière dont j’ai utilisé le flash dans ce travail répondait à des exigences de lumière et rapidité. Toutefois, c’était clairement aussi un langage photographique.

C.V. : Que se soit pour «Vucciria», «Alamar» et surtout «Napule shot», vous arrivez à vous immerger dans des milieux par tradition fermés aux curieux (trafiquants de drogue, cercles mafieux, quartiers déshérités etc.) . Comment avez-vous fait pour pénétrer dans ces quartiers et pour que les populations vous accordent leur confiance ?

M. D’A. : Dans certaines situations, il suffit d’avoir des dons d’humanité, de patience et une capacité à s’adapter, et bien sûr une grande curiosité du monde.
Pour moi, photographier c’est faire des expériences de vie.
Dans d’autres cas, il faut être aidé par quelqu’un et être accepté. Mais de ceci je préfère ne pas parler.

C.V. : «Napule shot» est un sujet qui marche dans la ligne de “Gomorra”, on retrouve des ambiances du livre et du film dans ce que vous décrivez en photos. Est-ce un hasard ou l’ouvrage de Saviano vous a-t-il influencé ?

M. D’A. : J’ai commencé à travailler à «Napule shot» avant la sortie du film “Gomorra”. Excellente fiction par ailleurs.
Mais le cinéma et la photographie sont des choses bien différentes.
Je ne vois pas d’analogies entre mon travail et “Gomorra”, excepté la scène du solarium.
Je n’ai pas photographié Scampia. Et même si certaines atmosphères de mon livre ressemblent à celles du film, je vous assure que cela n’a rien à voir.
Pour moi, une œuvre photographique importante (et, ici, je parle en général, et non pas de mon livre) a plus de valeur qu’un film. Et ceci même si un livre de photos n’est destiné qu’à un petit marché. Evidemment, je suis de parti pris…

Napule Shot © Mauro D’Agati/Courtesy Steidl Verlag

C.V. : Dans le livre «Napule shot» vous avez privilégié la profusion d’images, contrairement à «Vucciria» et «Alamar» où une sélection plus sévère semble avoir été menée. Pourquoi avoir fait ce choix de la profusion ?

M. D’A. : J’ai recueilli beaucoup de matériel. Le livre est divisé en 22 chapitres narratifs, chacun représente une histoire indépendante, même si elles ont toutes un lien entre elles. Et, considérant les divers chapitres, il ne me semble pas qu’il y ait trop de photos par chapitre.
Je pense qu’un travail compliqué et qui a demandé un gros effort (impossible à répéter en raison de différents faits qui se sont produits juste à la fin du travail…) comme «Napule Shot» mérite la diffusion la plus large possible.
Et, par chance, je me suis trouvé tacitement d’accord avec mon éditeur.

C.V. : Vous avez édité votre premier livre aux éditions Contrasto et les suivants aux éditions Steidl, vous assurant dès lors d’une visibilité internationale. Comment s’est passé ce passage de témoin et quelles en ont été les conséquences sur votre parcours professionnel ?

M. D’A. : Les conséquences… De la joie et une grande satisfaction personnelle, une visibilité internationale bien sûr, de nouvelles amitiés, de nombreux voyages très plaisants en Allemagne, et en particulier la participation à un projet éditorial à long terme, un projet dans une continuité qui n’existe pas ailleurs.

C.V. : Palerme, Naples, La Havane. On sent une proximité esthétique entre ces villes et d’autres photographes ont été entraînés par ce même grand tour. Qu’est-ce qui vous a poussé vers ces villes, quel est le lien qui les unit ?

M. D’A. : Ce qui m’a poussé à photographier ces villes, c’est que je les ai vues photographiées toujours de la même façon, disons d’une manière peu fantaisiste.
Par exemple : La Havane. Toujours La Havane coloniale, de belles femmes mulâtres, les cigares, les enfants des rues, des vieilles voitures.. et des personnages stéréotypés… des lieux communs.
Alamar est un quartier résidentiel communiste, un symbole, à seulement 15 km du centre de La Havane, rien de touristique. Il est très représentatif de la réalité cubaine.
A part çà, j’avais envie de connaître Cuba et ça m’était égal qu’elle ait déjà été beaucoup photographiée.

Alamar © Mauro D’Agati/Courtesy Steidl Verlag

C.V. : Et quelle sera la prochaine ville et sous quel angle ?

M. D’A. : Mon prochain livre : Las Vegas.
Il sortira au cours des premiers mois de l’année 2011 aux éditions américaines Ahrens (Ahrens Editions).
Son titre : «Less Vegas».
C’est un de mes albums de photographies de vacances. Une Las Vegas désolée, solitaire et peuplée de personnages bizarres. Un «cast» très spécial.
Une Las Vegas bien loin de l’imaginaire de la ville du péché.

(Propos recueillis par Cédric Vigneault, auteur du projet photographique « Dans l’œil de Naples » et Evolena. Traduction Michèle Gesbert.)

Le site officiel de Mauro D’Agati

***

  INTERVISTA A MAURO D’AGATI IN ITALIANO

Cédric Vigneault : Ci puo’ presentare il suo percorso di fotografo, che va dalla Sicilia di Palermo a Paris Photo 2010? Qual’è stata la sua formazione iniziale e chi la ha influenzata?

Mauro D’Agati : Premetto che sarò breve per non annoiare i lettori. _ Mi sono laureato in giurisprudenza e poi ho seguito la mia passione.
Ho iniziato a fotografare Palermo, da solo. Campi nomadi, circhi, musicisti jazz, periferie, e poi nottate intere in camera oscura.
Chiedevo pareri ad amici e fotografi.
Ho sempre guardato cosa succedeva all’estero e inevitabilmente sarò stato influenzato un pò da tutto quello che guardavo.
Mi piace la buona fotografia e specialmente quella degli autori che hanno sviluppato un loro linguaggio e una loro poetica, anche se diversa o lontana dalla mia.

C.V. : Sottopone le sue immagini «argentiche»/digitali ad un trattamento particolare?

M. D’A. : No, fatta eccezione per il lavoro “Vucciria”. In quel caso ho usato pellicole diapositiva e le ho sviluppate col processo C41, quello che si usa per i negativi colore. Il Cross process....

C.V. : In «Vucciria», lei ha utilizzato dei colori molto marcati, e particolarmente il rosso, in modo da ritrarre il quartiere con delle tinte sanguinolente fedeli alle sue radici etimologiche :“Bucciria”. Con «Napule shot», è il suo uso costante del flash a descrivere un mondo perduto fra i miti dello star system. In «Alamar», invece, lei sembra privilegiare la luce naturale o la luce d’ambiente. Cosa determina le sue scelte tecniche?

M. D’A. : Stati d’animo e tipo di storie.
«Alamar», fotocamera medio formato, colori caldi, tempi lunghi, tempi cubani. Relativamente pochi scatti e tempo per pensare e fotografare. Contemplazione.
«Vucciria», colori acidi e contrasti forti. Un pò come Palermo e le grandi città dei Sud.
Napoli, digitale, storia frenetica e complicata. Flash per esigenze di luce e velocità. Necessità di rapidità e controllo quasi immediato dei risultati data irripetibilità e velocità di certe situazioni.
Più che di tecnica parlerei comunque di approccio psicologico alle storie e quindi relativa scelta dei mezzi più adatti all’occasione.

C.V. : L’uso del flash in «Napule Shot» fa riferimento allo star system, che lei riprende rovesciandone il senso con il reportage, oppure si tratta di un omaggio a Wee-gee?

M. D’A. : Esigenze di luce e velocità, come detto prima.
Chiaramente l’utilizzo in quel modo del flash disegna anche un linguaggio fotografico.

Napule Shot © Mauro D’Agati/Courtesy Steidl Verlag

C.V. : Che sia in «Vucciria», in «Alamar» e soprattutto in «Napule shot,» lei riesce ad immergersi in certi ambienti normalmente vietati ai curiosi (trafficanti di droga, malavita, quartieri in decadenza ecc). Come è riuscito ad entrare in questi quartieri e ad ottenere il benestare della gente del posto?

M. D’A. : Per certe situazioni sono sufficenti doti di umanità, pazienza e capacità di adattamento, oltre che grande curiosità per il mondo.
Per me fotografare è fare esperienze di vita.
In altri casi è necessario essere aiutati da qualcuno ed essere accettati. Ma di questo preferisco non parlare.

C.V. : «Napule shot» fa pensare a “Gomorra”, nelle sue foto si ritrova l’atmosfera del libro e del film. Si tratta di un caso oppure il libro di Saviano l’ha influenzata?

M. D’A. : Ho iniziato a lavorare a «Napule shot» prima di “Gomorra”. Ottima fiction.
Cinema e fotografia sono cose ben diverse.
Non vedo analogie con “Gomorra” a parte le scene delle lampade solari (solarium). Non ho fotografato Scampia.
E anche se alcune atmosfere del libro sembrano simili al film vi assicuro che si tratta di cose completamente differenti.
Per me vale molto di più una grande opera fotografica ( e parlo in generale, non per il mio libro) di un film. Chiaramente sono di parte… E questo nonostante il fatto che il libro fotografico sia destinato a un piccolo mercato.

C.V. : Nel libro «Napule shot» le immagini sono molto abbondanti, contrariamente a «Vucciria» e ad «Alamar» in cui sembra aver effettuato una selezione più severa. Perché ha scelto di pubblicare cosi tanti scatti?

M. D’A. : Molto materiale. Il libro è diviso in 22 capitoli narrativi. Sono come delle storie indipendenti anche se collegate. E considerando i capitoli non mi sembra che ci siano troppe foto per capitolo.
Penso che un lavoro sudato e complicato ( irripetibile per fatti capitati subito dopo la fine del lavoro...) come «Napule Shot» merita una pubblicazione il più ampia possibile.
E per fortuna mi sono trovato tacitamente d’accordo col mio editore.

C.V. : Lei ha pubblicato il suo primo libro con le edizioni Contrasto ed i seguenti con le edizioni Steidl che le hanno dato una visibilità internazionale. Come è avvenuto il passaggio del testimone e quali sono state le conseguenze sul suo percorso professionale?

<p

M. D’A. : Conseguenze... Gioia e grande soddisfazione personale, visibilità internazionale appunto, nuove amicizie, molti piacevoli viaggi in Germania e specialmente essere dentro un progetto editoriale a lungo termine, un progetto di continuità che non esiste altrove.

Alamar © Mauro D’Agati/Courtesy Steidl Verlag

C.V. : Palermo, Napoli, L’Avana. C’è una certa somiglianza tra queste città. Altri fotografi hanno effettuato lo stesso itinerario. Cosa l’ha spinta verso queste città ? Qual è il legame tra di esse ?

M. D’A. : Mi ha spinto a fotografare queste città il fatto che le abbia viste fotografate sempre nello stesso modo, diciamo poco fantasioso.
Per esempio. L’avana. Sempre Avana coloniale, belle donne mulatte, sigari, bambini in strada, vecchie auto...e personaggi macchietta... luoghi comuni...
Alamar è un quartiere comunista residenziale....a soli 15 km dal centro, senza turisti e senza nessuna attenzione per uno straniero. Ed è molto rappresentativo della realtà cubana.
A parte questo mi piaceva conoscere Cuba e il fatto che sia stata tanto fotografata non mi interessava.

C.V. : Quale sarà la prossima città, e quale il suo punto di vista ?

M. D’A. : Las Vegas. Prossimo libro.
Uscirà i primi mesi dell’anno 2011 per l’editore americano Ahrens (Ahrens Editions).
Titolo: «Less Vegas».
E’ un mio album fotografico delle vacanze. Una Vegas desolata, sola e popolata da particolari personaggi. Un "cast" molto speciale. Una Las Vegas lontana dall’immaginario della città del peccato.

(Intervista di Cédric Vigneault, autore del progetto fotografico «Nell’occhio di Napoli», e di Evolena)

Il sito ufficiale di Mauro D’Agati

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Livres de photos :

NAPULE SHOT
D’AGATI MAURO

STEIDL Verlag, Göttingen, 2010

Format à l’italienne, 29.5 x 20.2 cm. Relié façon cuir sous jaquette illustrée. 408 pages, 286 photographies (non paginé).

La couverture de Napule Shot représente le détail du capiton d’une porte d’hôtel avec poignée et serrure. Les clefs sont là, comme une invitation. Ce livre ne dévoile pas le secret de Naples, il n’en a certainement pas l’ambition, mais il laisse comprendre beaucoup de choses à celui qui sait regarder, à commencer par le sentiment que les napolitains, malgré les difficultés de l’existence, connaissent le goût du bonheur de vivre.
(Vincent Puente)

ALAMAR - HABANA CUBA
D’AGATI MAURO

Editore: STEIDL, Pubblicazione: 07/2010

Così vicino e così lontano, così denigrato e così amato, città del futuro e quartiere marginale, il reparto “operaio” di Alamar si estende ad est de L’Avana, dall’altra parte della baia. Abitata da più di centomila persone, è lo scenario perfetto del più violento conflitto tra sogni e realtà che abbia mai avuto luogo a Cuba.
Erano gli inizi degli anni ’70 quando gli operai della “Fabrica Vanguardia Socialista”, una delle principali fonderie di acciaio del paese, comunicavano a Fidel la loro necessità di alloggi e abitazioni. Da tale dialogo è nato il progetto, non di un quartiere, bensì di un’intera città completamente nuova, concepita e costruita dagli stessi lavoratori sin dal primo mattone e nella quale gli stessi convivevano in armonia e felicità perpetua.
Oggi ci si chiede in quale momento antecedente a quello che oggi conosciamo come Periodo Especial, gli anni dopo il brusco crollo del sistema socialista, fallì l’esperimento. Alamar ora assomiglia ad una gigante installazione con la quale un’artista avrebbe voluto rappresentare il caos e lo sproposito. Ma anche così non ha perso la sua anima, forse perché è sedimentata sulle sue utopie e continua a rappresentare un momento molto particolare nel tragitto della rivoluzione cubana nella sua lotta contro i demoni. In essa convivono il presente, il passato ed il futuro, ciò che è reale, ciò che è virtuale e fantasmagorico.

(Senel Paz)


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