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Photos de Veronica Mecchia : Immigrés italiens - Montreuil et Est parisien.

Sur les traces de l’immigration italienne
sabato 24 giugno 2017 di Veronica Mecchia

A partir de 2010 et pendant trois ans, Veronica Mecchia a collaboré en tant que photographe au projet «Sur les traces de l’immigration italienne», créé et dirigé par Anna Andreotti, visant à recueillir des témoignages et chants des immigrés italiens de la génération d’après-guerre de Montreuil et de l’Est parisien. Voici son récit et une sélection des photographies de ce travail.

Voulant donner un visage aux récits recueillis par Anna Andreotti, Veronica Mecchia l’a accompagnée dans ses rencontres avec les italiens pour en faire le portrait et photographier leurs lieux de vie. L’œil de la photographe se pose discret et laisse toute sa place à quelques détails, à un geste, un regard, à la vivacité d’une expression qu’elle souhaite fixer.

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Le désir de photographier a surgi en moi comme une exigence:
celle de sauver les choses du temps qui passe,
documenter un instant, une émotion
en étant conscient que tout de suite après ils n’existeront plus.
La photographie devient ainsi mémoire et reflet d’un monde disparu.

(Veronica Mecchia)

A propos des portraits des immigrés italiens que j’ai réalisés

Mon intention n’était pas d’obtenir une image figée, mais d’essayer de restituer les différentes émotions ressenties et exprimées par les personnes au cours de la narration de leur histoire de migration et, plus généralement, de leur vécu, pour créer un récit photographique.

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Il y avait papa ici: mon père vivait à Nogent, il a fait venir mon frère le premier à Nogent et puis nous on est restés avec maman, mon frère et ma sœur là-bas, après papa avant la guerre a fait venir ma sœur et l’autre frère… et pendant la guerre maman et moi on est restées là-bas…on n’avait rien à manger, on n’avait rien rien rien, c’est pour ça que je travaillais toujours dans les rizières. J’arrêtais dans la rizière et j’allais à Milan à faire la bonne: tout le temps, tout le temps.

Dina N. est née à Bettola (Plaisance) en 1923 et elle est arrivée en France en 1946.

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M. S. nous montre une photo de la Place de la Mairie de Montreuil comme elle était quand il l’a connue. On peut y voir la diligence avec les chevaux qui allaient à Paris jusqu’au Louvre.

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Les rencontres avec les personnes qui ont décidé de participer au projet n’étaient pas de froides interviews, mais de vrais échanges, qui se terminaient souvent autour d’un repas italien et d’un caffè: elles étaient très riches au plan émotionnel, tant pour ceux qui témoignaient que pour nous qui écoutions.

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Ici en France, ils arrivaient, ils arrivaient les italiens!

Giacomina L. est née à Raveo (Udine, Frioul) en 1932. Elle est arrivée en France pour la première fois en 1955, puis elle est rentrée dans son village natal, pour enfin s’établir avec son mari Pietro à Montreuil, où elle habite toujours.

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J’avais jamais quitté Torrio, et non, en plus, c’est quitter la famille, j’avais personne ici, car mon mari il avait tous ses frères et soeurs, j’étais toute seule: pendant deux ans j’ai souffert, j’ai pris 7 kilos, une angoisse, une angoisse… Après, je me suis habituée, mais les premiers temps… si c’était la mode de maintenant, tu parles, je serais repartie; je réfléchissais la nuit (..) : «Je serais un oiseau, je partirais chez moi.»

Luisa M. est née en 1929 à Torrio di Ferriere (Plaisance). Elle est arrivée en France en 1952.

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Comme suggéré par Anna Andreotti, j’ai photographié également les jardins, les constructions typiques du savoir-faire italien, les intérieurs et les extérieurs des maisons des gens que nous avons rencontrés, parce que ces lieux portent aujourd’hui la mémoire vive de leur histoire d’immigration.
J’ai choisi le noir et blanc pour ce reportage et utilisé un format de présentation de taille réduite qui invite le spectateur à se reprocher de la photo, dans un contexte plus intime, presque “familier”.

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Le jardin de la maison de Giovanni C. et Dina N. à Montreuil.

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La maison où a grandi Pierre A. à Montreuil, Rue Jules Verne, bâtie par son père dans les années ’50.

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Moi ce qui m’a étonnée (...) il y a une nouvelle vague d’immigration, il me semble (...) sur Montreuil, oui il y a 10/15 ans je ne voyais pas ça dans le quartier, tant de jeunes familles italiennes, non? (...) J’ai ressenti dans le quartier une nouvelle génération arriver vers ’95 (...) Moi j’ai trouvé qu’a Montreuil ça se ressent très nettement (...) je ne sais pas si c’est dans l’ensemble de la France, si ça se ressent, si c’est la même chose, mais en tout cas rien qu’au niveau du quartier, dans les écoles, il y en a beaucoup plus, depuis une dizaine d’année, en effet, de familles italiennes.

S., professeur de français, est née en 1973 à Montreuil de parents italiens.

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Je suis très reconnaissante aux personnes qui nous ont fait confiance en partageant leur vécu et leurs émotions avec nous. J’ai appris beaucoup en les écoutant, par exemple sur les conditions de travail des mondine dans les rizières en Italie ou à propos du racisme dont ont été victimes les immigrés italiens après la guerre. J’ai découvert aussi grâce à Anna Andreotti tout un répertoire de chants traditionnels. Cette expérience a été très enrichissante pour moi.

Veronica Mecchia

Reproduction réservée. Photos © Veronica Mecchia

Note biographique:

VERONICA MECCHIA, Photographe

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Autoportrait

Veronica Mecchia vit à Paris, ville dans laquelle elle est née de parents italiens. Elle a grandi à Milan, en Italie, où elle a obtenu une maîtrise en Histoire de l’Art.
Sa passion pour la photographie est née dès le lycée à la vue d’un vieil appareil photographique argentique et c’est avec l’appareil photo des années 1970 de son père que Veronica réalisa ses premiers clichés.
Depuis 2003, elle est retournée vivre à Paris pour se consacrer à la photographie.
Elle travaille principalement en argentique et en Noir et Blanc.

Certains de ses travaux, comme «L’impermanence de toute chose», «Vanitas», «Voyage en Italie», «Sur les traces de l’immigration italienne» et «Les gènes de l’Antifascisme» ont été exposés en France, Belgique, Italie et Allemagne.
Elle collabore avec des maisons d’édition italiennes et le Centre Virtuel d’Histoire Orale et Populaire de l’Immigration Italienne.


Portfolio

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