Altritaliani

Référendum italien du 4 décembre et après....?

Les conditions d’une bonne campagne législative en Italie.
martedì 6 dicembre 2016 di Giampaolo Bertuletti

Exit le gouvernement Renzi, bienvenue au futur gouvernement qui va se retrouver à bord d’un vaisseau qui tangue, en pleine tempête (demandes insistantes d’élections anticipées, dans le cadre de fortes incertitudes pour la reprise économique).

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Matteo Renzi et le Président de la République italienne, Sergio Mattarella

A la lecture attentive des résultats de ce référendum, il est facile de saisir que les 60% des NON ne constituent pas une coalition homogène, mais au contraire fort dispersée, entre plusieurs groupes :

  • Ceux qui étaient convaincus que ce n’était pas une bonne réforme;
  • les vieux barons de la seconde république (bienheureux de refaire ainsi surface);
  • deux partis (Forza Italia et la Ligue du Nord) + un mouvement (Movimento 5 Stelle) + une partie du Partito Democratico (pas forcement tous prêts à se lier ensemble);
  • les déçus des réformes (juges, enseignants, syndicats, taxis, etc...);
  • les perdants de la mondialisation (jeunes, classe moyenne, chômeurs...);
  • ceux qui ne se retrouvent plus dans une société “envahie” de migrants;
  • et ceux pour qui Matteo Renzi était devenu vraiment insupportable …

Cette armée, aussi diverse que variée, a trouvé en la personne à fort caractère du premier ministre et secrétaire du PD le parfait bouc émissaire de toutes ses mauvaises humeurs, frustrations, déceptions, colères : il lui fallait châtier celui qui incarnait un réformisme brusque et trop expéditif, dont les résultats étaient encore peu visibles.

Pour qui voteront-ils ces italiens lors des prochaines législatives et quelle coalition de gouvernement pourra bien en émerger … Allez savoir!

Or, les 40% des OUI (dont les 2/3 des Italiens qui ont voté à l’étranger et 77% des adhérents du Parti Démocrate) sont une base électorale plutôt favorable aux réformes … et à Matteo Renzi.
Ils attendent un programme politique concret et viable, pour aller à nouveau voter aux prochaines législatives du printemps 2018 (même plus tôt, si nécessaire).

Le calcul de l’ancien Premier ministre Renzi, qui consistait à accorder la majorité au parti ayant obtenu au moins 35 à 40 % des voix, était bien vu, si l’on veut espérer en un gouvernement stable, dans la durée.
Comme l’a écrit le journaliste Alberto Toscano, dans ces colonnes, le dilemme insoluble de tout parlement réside toutefois dans le contraste entre la représentativité de toutes ses composantes politiques et le gouvernement du pays (tirant leçon de tant d’années passées en France, il est favorable à un système à deux tours - il doppio turno di collegio ‘all’italiana’ -, avec deux seuls adversaires s’affrontant au deuxième tour).

Au prochain gouvernement italien la rude tâche de trouver la loi électorale permettant d’avancer sur la ligne de crête qui donnerait satisfaction à tout le monde : liberté de choix des candidats, représentativité et capacité de gouvernance … Peut-être trop à la fois.

Giampaolo Bertuletti
De Paris

LIEN: Italie. Les scénarios de l’après-référendum (Le Figaro)


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