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Francavilla al Mare, Abruzzes: La cloche de San Franco.

martedì 11 agosto 2015 di François Fasoli

Les jours de mauvais temps, lorsque la mer est agitée, lorsque les vagues en furie déferlent sur la plage, on peut entendre la cloche de San Franco résonner. Oh c’est un son à peine audible, juste un soupir. Il faut tendre l’oreille. Eliminer, par la pensée, le bruit des vagues qui déferlent sur la plage et les cris des mouettes qui jouent avec le vent. Il faut y croire. Moi, j’y crois. Enfin presque. Des années oui. D’autres non. Mais le plus enrichissant étant d’y croire, eh bien, j’y crois.

J’ose y croire. Oh du bout des lèvres, avec une légère appréhension toutefois. Je me méfie un peu, aussi. En révélant cette histoire je risque de provoquer la venue à Francavilla al Mare de je ne sais quels chasseurs de trésors. Ce récit n’est pas pour eux. Ne cherchez pas, laissez la cloche où elle est. Si elle y est. Et si elle n’y est pas... ce n’est pas la peine de chercher!

Je raconte sans crainte cette histoire aux autres. A ceux qui savent dessiner un mouton quand un enfant le leur demande, ou qui essaient de leur mieux...

Alors écoutez bien! Vous allez entendre. Peut-être...

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Francavilla al Mare, vue de la jetée. Photo François Fasoli.

Dans un lointain passé le village de Francavilla al Mare, dans la région des Abbruzes, était située sur une colline dominant la mer Adriatique. Sans doute pour se protéger des incursions de pirates ou autres brigands qui à l’époque sillonnaient la mer terrorisant par leurs méfaits toute la population. L’étroite plaine qui s’étend au pied de la colline était réservée à des cultures maraîchères, des arbres fruitiers, des cabanes de planches qui abritaient des poules ou des cochons.

De l’autre côté du fleuve Alento, vers le nord, quelques cabanes de planches abritaient des familles de pêcheurs. Ils n’étaient pas riches, ils survivaient péniblement et pensaient, à juste titre, que les pirates n’étaient pas attirés par leur pauvreté.

Les habitants de Francavilla, ceux qui habitaient sur la colline, avaient construit leurs habitations autour de l’église de San Franco, le saint patron du village. Les villageois, par leurs offrandes, avaient constitué un véritable trésor, faisant de l’église de San Franco une des plus riches de la région.

Ma mère, qui m’a raconté plusieurs fois cette histoire, tenait beaucoup à ce trésor. Comme si, par on ne sait quel mécanisme, il lui appartenait aussi.

Mais les trésors attirent les pirates...

Les pirates arrivés en goélette jetèrent l’ancre à quelques encablures de la plage, à l’aplomb de l’église de San Franco. La mer était calme, aucun nuage à l’horizon. La météo au beau fixe. Bref, un temps idéal pour les pirates et leurs néfastes brigandages. En effet, ce qui les intéressait c’était le trésor de San Franco qui était exposé dans l’église située au sommet de la colline.

Les pirates sont des personnes rusées et prévoyantes. Surtout ceux-là. Leur mauvais coup était très bien préparé.

Ecoutez bien et jugez-en par vous-mêmes.

Après avoir transporté du sommet de la colline jusqu’à leur bateau toutes les richesses contenues dans l’église, ils s’apprêtaient à partir quand un pirate fit remarquer qu’ils pouvaient voler aussi la cloche. Le bronze se vend bien au marché noir et surtout en emmenant la cloche ils empêchaient les villageois de donner l’alerte trop tôt, dit le pirate.
Le chef des pirates fut convaincu.

Ils attachèrent une longue corde entre le clocher de l’église et leur bateau et firent ainsi glisser la cloche jusque sur leur navire. Ils arrimèrent la précieuse cloche sur le pont de leur goélette et levèrent l’ancre. Ils chantaient, les pirates. Ils buvaient, les pirates. Ils fêtaient la réussite de leur larcin, les pirates. Ils étaient contents. Contents et satisfaits.
On peut difficilement reprocher à un pirate de faire dignement son métier de pirate. Et ceux là avaient une conscience professionnelle très forte.

Mais San Franco, qui ne l’oublions pas était le saint patron du village, ne l’entendait pas de cette oreille. San Franco n’avait pas dit son dernier mot. San Franco n’était pas content. Alors là, pas du tout.

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San Franco, Francavilla al Mare. Photo de François Fasoli.

Mais écoutez plutôt...

Les pirates avaient à peine mis le cap vers le large avec leur précieuse cargaison qu’une violente tempête éclata. Les vagues furieuses poussaient le navire vers le rivage. Les rafales violentes faisaient claquer les voiles de la goélette qui menaçait de chavirer à tout instant. Les pirates ne pouvaient espérer aucune aide de leurs sabres d’abordage tout à fait inefficaces contre le vent tourbillonnant. Ni de leurs mousquetons dérisoires qui n’impressionnaient guère les vagues déferlantes.
Bref San Franco n’y alla pas de main morte.

Il fit tant et si bien que les pirates, pour éviter un naufrage déshonorant et périlleux, n’eurent d’autre ressource, la mort dans l’âme, que de jeter les richesses volées et la cloche par dessus bord.
Les éléments déchaînés se calmèrent aussitôt. Les pirates s’éloignèrent rapidement, dépités de leur cuisante défaite.

On ne les vit plus à Francavilla al Mare.

Depuis la cloche repose au fond de la mer un peu au-delà de la jetée en face de la Sirena.
Bien entendu au fil des ans elle s’est peu à peu enfoncée dans la vase qui tapisse le fond de la mer. Des crabes ont élu domicile sous son épaisseur protectrice. Des coquillages se sont incrustés sur sa surface lisse. Mais lorsque la mer est agitée, lorsque seules les mouettes osent braver le vent de nord-est qui balaye la plage, la cloche résonne faiblement.

Se souvient-t-elle de l’affreux destin auquel elle a échappé grâce à la tempête salvatrice déclenchée à bon escient par San Franco? Appelle-t-elle à l’aide les villageois? "Hou! Hou! Je suis là!" Elle en a peut-être assez d’être depuis si longtemps au fond de l’eau.

Je ne sais ce qu’il faut en penser. Je peux seulement émettre quelques conjectures et laisser au lecteur le soin d’en choisir une.

Vous-même, si le cœur vous en dit, si cette histoire a fait vibrer en vous quelque fibre villageoise ou patriotique, vous pouvez participer au grand débat qui vient de s’ouvrir.

Ecoutez attentivement... Ecoutez...


- Non, ça c’est une mouette qui plane tout près de votre tête...
- Ah vous entendez, là, au large, ce souffle, là-bas...
- Non, c’est le bruit d’une vague qui déferle dans une gerbe d’écume...
- Oh vous entendez maintenant, ce léger bruissement derrière vous...
- Non, non. C’est le vent qui joue avec les haubans d’un petit voilier...


- Vous avez froid? Le vent de nord-est a réussi à transpercer votre carapace protectrice?
- Vous dites?
- ...
- Mais non, la mer n’a rien contre vous. Quelle idée!
- ...
- Oui, vous avez raison.
On a l’impression de ne pas être le bienvenu sur la plage l’hiver. Mais rassurez-vous ce n’est qu’une impression. Et c’est quelqu’un qui l’a longuement arpentée, par tous les temps, qui vous le dit. Et j’ai toujours été bien accueilli!

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La plage de Francavilla en hiver. Photo google.


- En réalité c’est en hiver que la plage est la plus vivante.
- Il m’est déjà arrivé - mais surtout ne le dites à personne - d’entendre la cloche de San Franco résonner.
- En plein hiver?
- Oui, en plein hiver.
- Comment est-ce possible? La cloche est sous l’eau.
- Ah, ça...


- Vous voulez venir en été?
- C’est une bonne idée. Vous ne serez pas seul!
- Mais, j’ai le regret de vous le dire, la cloche, l’été, personne ne l’entend! Même pas moi!

François Fasoli

Article publié en août 2014

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