Altritaliani

Par amour pour la Venise d’hier, de Serge Bassenko.

Portfolio à découvrir et expo à Paris du 20 au 29 juin 2014
venerdì 9 maggio 2014 di Eléonore Mongiat

Aujourd’hui, les vrais Vénitiens sont une espèce en voie de disparition. Beaucoup ont pris la route de l’exil, loin de leur patrie tant aimée. Et la ville, inexorablement, se transforme au gré des nécessités touristiques, et change de mentalité. Serge Bassenko a connu Venise il y a 40 ans. Nous vous invitons à découvrir dans le PORTFOLIO quelques-unes parmi les nombreuses photographies qu’il a prises à l’époque. Un voyage intimiste et surprenant, tout comme son livre “Il pleut”. 40 photographies de Serge Bassenko en noir et blanc sur Venise - de jour, de nuit et dans sa lagune - seront exposées à la Mairie du XIIIe, dans le cadre de la Semaine italienne, du 20 au 29 juin, Galerie Athena, avec le soutien d’Altritaliani.

Il y a une quarantaine d’années, Serge Bassenko découvrait Venise, et il l’a passionnément aimée. Il y a passé de longs séjours, l’a parcourue dans tous les sens, s’y est fait des amis sincères, a habité chez les uns, chez les autres; ils lui ont donné leurs barques, leur fegadin, et plus encore leurs rires et leurs souvenirs.
Pour conserver une trace de ces merveilles, Serge Bassenko a notamment écrit un roman, qui montre l’envers du décor de la ville la plus célèbre du monde: la vie de tous les jours des Vénitiens, à Venise, en 1973. Le sentiment de vivre heureux, ensemble, chez soi.

Vous serez conviés à partager la vie de quartier des jeunes héros du livre, à vous promener avec eux, en barque dans les petits canaux cachés, à pied dans les ruelles plongées dans une nuit mystérieuse, à découvrir les petits métiers, à apprendre à manœuvrer une gondole, à accompagner l’oncle qui habite la lagune pour vendre ses légumes au marché du Rialto, à goûter les plats typiques et si savoureux que l’on fait à la maison, à découvrir leur langue si caressante. Toute une vie ignorée des touristes pressés par le temps - si simple mais si pleine.

La marée monte et descend, l’eau clapote contre les barques de bois, les palais se reflètent dans l’eau calme, le brouillard vient envelopper la lagune. Peut-être que, comme le jeune héros du livre, qui vient d’ailleurs et découvre cette Venise-là, tomberez-vous amoureux de la charmante «Zermana», et de ce monde si attachant, mais déjà si dangereusement menacé par la vie moderne?

Le roman s’appelle “Il pleut”. On peut l’obtenir en ligne sur le site de l’éditeur.

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Jour de brume - Zorno caligoso ©Serge Bassenko

Serge Bassenko a aussi pris mille et mille photographies à Venise, de jour, de nuit, par tous les temps, et dans la lagune sauvage. Il en a tiré deux CD-Rom d’environ 1 500 photographies où l’on peut flâner à loisir. Vous pouvez les consulter sur son site.

Dans le PORTFOLIO - en bas de page -, quelques exemples de ses photographies tirées des CD-Rom de Venise mais en basse définition.

Les photographies montrent Venise, le roman montre les Vénitiens. Ces deux réalités se complètent et forment un tout.

MARINO ZORZI a été le directeur de la Bibliothèque Saint-Marc de Venise, la plus vieille bibliothèque d’Europe, mais surtout c’est un vrai Vénitien, et c’est dans la langue vénitienne qu’il a voulu préfacer le roman de son ami Serge. Cette préface est reproduite in extenso ci-dessous, elle est suivie d’une traduction en français.

Préface en vénitien :

«El novo romanzo de Bassenko xe na storia tuta veneziana. Bassenko xe foresto, ma el conosse Venezia come pochi al mondo, megio de tanti veneziani. El la ga zirada per cercar i loghi più remoti, el ga navigà in tuta la laguna per capir l’anema de sta cità cussì diferente da tute le altre, e el ga fissà quel ch’el vedeva e sentiva in imagini piene de poesia, servendose de la macchina fotografica. Stavolta invece el ga adoperà la pena, el ga piturà sto mondo co la scritura e no col penelo. Vien fora el ritrato de una Venezia che pochi pol veder, o sa veder: una Venezia che vive su l’acqua salsa, nei rii e nei canali de la laguna, in mezo ai sandoli e a le tope, vicin ai pessi, ai bisati, a le moleche, che parla un bel venezian, come adesso pochi sa far. Lezendo, el cuor se impenisse de malinconia e de rimpianto, par de viver in un sogno. Questa xe la Venezia de tanti secoli fa, e anca la Venezia de geri, che i vechi no ga desmentegà: forse in qualche angoleto la esiste ancora. Ma per quanto? Saremo un zorno un museo comprà dai visitatori?, se domanda la Zermana a la conclusion del libro: forse quel zorno no xe tanto lontan. Ma intanto godemose quel che resta, facendose condur per man da Bassenko e dai personazi ch’el ga savesto crear co tanta sapienza e tanto amor.»

Traduction en français :

«Le nouveau roman de Bassenko est une histoire toute vénitienne. Bassenko n’est pas d’ici, mais il connaît Venise comme peu de gens au monde la connaissent, mieux que bien des Vénitiens. Il a exploré les endroits les plus reculés, il a navigué dans toute la lagune pour comprendre l’âme de cette cité tellement différente de toutes les autres, et a fixé ce qu’il voyait et ressentait dans des images pleines de poésie, en se servant de l’appareil photographique. Cette fois par contre, il a utilisé la plume, il a dépeint ce monde par l’écriture et non avec un pinceau. Il s’en dégage le portrait d’une Venise que peu de gens peuvent voir, ou savent voir : une Venise qui vit sur l’eau salée, dans les canaux de la ville et de la lagune, au milieu des barques et des bateaux de charge, près des poissons, des anguilles, des crabes, lui qui parle un beau vénitien, comme aujourd’hui peu de gens savent le faire. Au fur et à mesure qu’on lit, le cœur se remplit de mélancolie et de regret, c’est comme si on vivait dans un rêve. Cette image est la Venise d’il y a tant de siècles, et aussi la Venise d’hier, que nos vieux n’ont pas oubliée : peut-être existe-t-elle encore dans quelque recoin. Mais pour combien de temps? Serons-nous un jour un musée acheté par les visiteurs? se demande la Zermana à la conclusion du livre : peut-être que ce jour n’est pas si lointain. Mais en attendant jouissons de ce qui reste, en nous laissant conduire par la main de Bassenko et des personnages qu’il a su créer avec tant de savoir et tant d’amour.»

Qui était Serge Bassenko? Voilà comme il avait choisi de se présenter :

«On s’inquiète toujours de savoir ce qu’un tel a fait ou n’a pas fait. Mais les actes révèlent-ils vraiment une personne?
Pour un créateur, ce qui compte, c’est ce qui dort au fond de lui et qui émerge parfois. Pour un homme, ce qui compte, ce sont les amis qu’il s’est faits et qu’il a servis.
Pour le reste, oui, j’ai étudié, lu, interrogé les hommes et la nature; oui, j’ai abandonné ma vie professionnelle pour faire des photographies à Venise et dans la campagne française, et pour écrire 19 romans, une pièce de théâtre Antigone et des pensées sur la vie Le Sage.
Si vous, vous voulez me connaître, regardez plutôt mes photos et lisez mes textes, c’est là que je suis.»

Eléonore Mongiat

PS:
Le livre “Il pleut” de Serge Bassenko est disponible à Paris à la librairie La Tour de Babel, rue du Roi-de-Sicile, dans le Marais, et sur Internet:
Editions Edilivre

Site de Serge Bassenko

CD-Rom

PHOTOS ©Serge Bassenko
Cliquez sur la première image et ensuite sur présentation


Portfolio

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