Altritaliani
Gastronomie et régions

Du lac de Garde au lac d’Iseo, itinéraire avec carnet d’adresses.

lunedì 16 maggio 2016 di Jean-Claude Renard

Invitation à une petite virée en Lombardie, entre deux lacs. Sur la frange Est de la Lombardie, de part et d’autre de Brescia, distants d’à peine quelques kilomètres, les lacs de Garde et d’Iseo possèdent leur propre identité. Entre villégiature, économie et romantisme. Destinations idéales de fin d’été, d’automne, et de printemps, pêle-mêlant culture et nature.

LAC DE GARDE

A trois encablures de l’aéroport de Milan Linate, et flirtant déjà avec Vérone, le lac de Garde serait peut-être bien le plus crâneur des lacs italiens. Sans doute parce qu’il est le plus vaste de la Botte et se targue de démesures. Qu’on en juge: 52 kilomètres de long, parfois 17,5 kilomètres en largeur, cinq petites îles et une superficie de 370 km2. Son point le plus profond est à 346 mètres. Des chiffres flatteurs, mais aussi une eau particulièrement limpide, des plages ensoleillées, un clément climat favorisé par la barrière des Dolomites et une végétation luxuriante qui lui donne des airs de véritable mer enchâssée parmi les derniers monts des Alpes et la plaine de Brescia.

JPEG - 112.3 Kb
Sirmione © Jean-Michel Véry

C’est par Sirmione qu’il convient de répondre à l’invitation des charmes. Un petit bourg célèbre depuis l’Antiquité pour sa remarquable position au cœur du lac et ses eaux thermales, calé à la pointe d’une péninsule, étroite langue de terre pénétrant le lac sur plus de quatre kilomètres.
A l’époque romaine, on y construisait déjà des villas luxueuses (notamment celle du poète Catulle, dont on peut voir les vestiges à l’extrémité du promontoire rocheux). Le bourg a regroupé ses maisons autour de la forteresse Scaligero, érigée au XIIIe siècle, par Mastino 1er de la Scala, seigneur de Vérone, comme garnison et point d’abordage pour sa flotte. Depuis les étroites ruelles et les petites places intimes de la cité, on peut facilement gagner les grottes de Catulle, chargées de traces de constructions antiques, dont la plus grande villa de tout le nord de l’Italie (avec 167m de long sur 105m de large !), accueillant probablement les empereurs romains durant leurs voyages.

Dix kilomètres plus bas, remontant la façade ouest du lac, au centre d’un grand golfe délimité par un amphithéâtre de collines, Desenzano vaut le détour pour son vieux port, toujours très animé, tandis que le château médiéval domine la cité, partagée de ruelles, d’arcades, traversées par les touristes en haute saison.

Une saison à éviter sans doute pour sentir les charmes de Lonato, tranquille bourg de l’arrière-pays du lac, à seulement cinq kilomètres de Desenzano, et marqué par sa grandiose forteresse du Moyen-Age, jouissant d’un point de vue imprenable sur l’immensité des collines et du lac. Elle y abrite la maison du Podestà (XVe siècle, remaniée en pittoresque néogothique en 1910). Toujours à l’intérieur, outre un musée ornithologique, la bibliothèque de la Fondation Ugo da Como conserve plus de 50 000 volumes, dont nombres de précieux incunables.

Toujours plus au nord, et suivant la côte, San Felice se dresse face à la petite île de Garde, fascinante pour sa villa de style néogothique vénitien, dessinée par Luigi Rovelli, au creux d’une végétation riche en plantes exotiques. Une étape réjouissante avant d’arriver à Salo, autre élégante station, encore très fréquentée en été (trop !), mais fleurant bon la flânerie.

JPEG - 95.2 Kb
Vue sur Salo © Jean-Michel Véry

Fondée à l’époque romaine, chef-lieu des bourgs de la Riviera bresciane au XIIIe siècle, ponctuée de palais cossus, elle garde surtout de l’histoire d’avoir été le siège de l’éphémère et fantoche République sociale italienne proclamée par Mussolini en 1943.

Une poignée de kilomètres encore au-dessus, Gardone Riviera s’enorgueillit du domaine du Vittoriale, ancienne propriété de d’Annunzio, véritablement époustouflante, entre parc, jardins, fontaines, au-dessus d’une végétation abondante. Son prieuré, baptisé «la maison du poète», renferme de nombreux objets et œuvres d’art, beaucoup de curiosités : la proue d’un croiseur, un torpilleur, plusieurs voitures et l’avion Sva, emprunté en 1918 par d’Annunzio, pour un vol de propagande sur Vienne. Maison d’artiste, le Vittoriale sonne comme un concentré du lac de Garde, entre démesure, grandeur et décadence, bruissements, charmes et dentelles d’ondes.

LAC D’ISEO

Résolument différent, et à l’opposé de Brescia, côté Ouest. Glaciaire, préalpin, quatrième lac Lombard. Profond de 256m, le lac d’Iseo s’étire sur une longueur de 28 kilomètres. Un paysage de maquis méditerranéen, une variété de sites sauvages se découpant sur un fond de hautes montagnes, des plages de galets, des rives tantôt escarpées, parfois sinueuses, séparant des bourgs tranquilles, reliées par la route ou par des navettes fluviales.

JPEG - 37.7 Kb
Iseo, coucher de soleil © Jean-Michel Véry

A commencer par Iseo, localité très appréciée pour sa cité médiévale, son église romane Sant’Andrea, son campanile et son château Oldofredi du XIe siècle, transformé aujourd’hui en centre culturel. A une vingtaine de kilomètres au nord, le petit port de pêche de Pisogne offre un autre décor médiéval, entre vieille tour, places élégantes, églises imposantes, palais anciens, et nombre d’arcades. Pisogne est aussi un lieu privilégiant les concerts, les spectacles et les rendez-vous gastronomiques d’un lac riche en aloses, en carpes, en tanches, en écrevisses, en anguilles, et d’une variété de truites.

Marone, Sale Marasino, ou Sulzano sur la rive droite, Riva di Solto sur la rive gauche, sont autant de haltes intéressantes, marquées d’édifices religieux, de bâtisses médiévales, propices aux baignades, à la promenade (en vélo ou à pied) s’éloignant du lac pour gagner en altitude et jouir de superbes panoramiques au bout de hameaux isolés, plantés dans la quiétude.

JPEG - 101.7 Kb
Isola San Paolo © Jean-Michel Véry

A côté de deux petites îles privées, San Paolo, rehaussée d’une grande villa, et Loreto, surmontée d’un château de briques et de pierres, bâti au XXe siècle, un brin fier et prétentieux, le lac d’Iseo se targue de la plus grande île en Europe du Sud, Monte Isola. Douze petits villages colorés habillent cette île de 1 800 habitants, culminant à 600 mètres au-dessus des eaux, ponctuée par le sanctuaire de la Madonna della Ceriola, une île pourvue de 24 kilomètres de route. Si étroites que seuls les minibus municipaux ont le droit de circuler, une légion de scooters, et deux voitures : celle du médecin et celle du curé.

JPEG - 97.7 Kb
Isola Loreto © Jean-Michel Véry

De Pescheria Maraglio à Carzano (qu’on atteint en quelques minutes à bord d’un bachot), la pêche a été longtemps l’activité principale des hommes de l’île, tandis que les femmes s’attelaient au tissage des filets de pêche. La révolution industrielle aurait pu changer la donne, les filets se fabriquant alors dans les manufactures de la région. Mais loin d’appauvrir l’île, ce développement massif enrichit les habitants. L’après-guerre et le miracle économique renforceront encore les familles de pêcheurs, cependant que le filet décline ses produits. De l’ingénierie navale aux sports. Qui sait aujourd’hui que la région fabrique les filets des buts de la Coupe du monde football ? !

Jean-Claude Renard

Dans le pourtour du lac de Garde
Terre de vignes et d’oliviers, la Valtenesi décline ses collines étirées jusqu’aux bords du lac de Garde, entre les golfes de Padenghe et de Salo. Un petit territoire de charme, tapissé de petits bourgs, que l’on atteint à partir de Portese, pittoresque village de pêcheurs : Puegnago, dominée par les ruines de son ancien château médiéval ; Polpenazze, riche de quelques pièces archéologiques préhistoriques ; Soiano, dotée aussi d’un château du Xe siècle et d’une église paroissiale ; Moniga, réputée pour ses bonnes tables au cul des bateaux, fière de son château crénelé du Xe siècle et de ses tours cylindriques, l’un des mieux conservé de la région. Un peu partout, on peut y déguster une huile d’olive extra vierge excellente et les vins de la province, dont les fameux Groppello et Chiaretto.
J.-C. R.

Les Tourbières du lac d’Iseo
Aux portes du lac et au sud du village d’Iseo, jusqu’à Provaglio, on parcourt aisément une oasis naturelle, promenade peu commune dans les tourbières, étendues sur une poignée de kilomètres. Des centaines d’animaux, d’oiseaux, comme les hérons et les cormorans, et de plantes paludéennes ont trouvé ici leur habitat. Des parcours balisés facilitent la promenade, à travers petits ponts, chemins et postes d’observation.
J.-C. R.

*****

CARNET D’ADRESSES

Le site Bresciatourism.it est très pratique et complet. Pour tout renseignement également, informations à l’ENIT (Office national italien de Tourisme), à Paris : infoitalie.paris@enit.it

Quelques suggestions

Visiter les jardins du Lac de Garde

Visites guidées du mardi au dimanche, à partir de 20€ pour les adultes. Horaires sur le site
http://www.isoladelgarda.com/

Où dormir :

Sur la lac de Garde :

Villa di Gargnano: un charmant hôtel familial à prix raisonnable, les pieds dans l’eau. Les propriétaires s’expriment bien en français. Possibilité de pension et demi-pension.
Hotel Gardenia al Lago, Via Colletta, 53 - Villa di Gargnano (BS)
Tel. +39 0365 71195
www.hotel-gardenia.it

Desenzano : Hôtel Lido International, Viale Tommaso dal Molin, 63. Tél. : +39 030 914 10 27. Un tantinet désuet mais très bien situé. Entre 70 et 110 euros.

Sirmione : Albergo Grifone, via Gaetano Bocchio, 4. Tél. : +39 030 91 60 14. Hôtel de charme à l’extrémité de la péninsule, au-dessus d’une petite plage. De 70 à 100 euros, selon la saison, avec vue sur le lac de Garde.

Egalement à Sirmione, avec vue sur le lac : Hôtel Catullo, piazza Flaminia, 7. Tél. +39 030 990 58 11. Possibilité de pension et demi-pension.

Sur le lac d’Iseo :

Pilsone d’Iseo : Hôtel Araba Fenice. Remarquable point de départ pour sillonner le lac d’Iseo. Un brin chic, confortable. Piscine donnant sur le lac.

Monte Isola : à Pescheria Maraglio : Résidence Castello Oldofredi. Tél. : +39 33 85 773 488. Bel établissement, au calme. Autour de 100 euros la chambre ; 130 à 160 euros pour un appartement. Egalement plusieurs chambres d’hôtes sur l’île (entre 60 et 80 euros).

JPEG - 87.6 Kb
La Locanda del Benaco à Salo © Jean-Michel Véry

Se restaurer :

Clusane sul Lago : Trattoria Al Porto, Porto dei Pescatori, 12. Tél. : +39 030 98 90 14. Tous les parfums du lac. Popu, familial, excellent.

Desenzano : Ristorante Colomba, Vicolo Dell’ Interdetto, 16. Tél. : +39 030 91 43 701. Sur le Vieux Port, avec terrasse. Classique excellent à bons prix ; fait également pizzeria.

Salo : La Locanda del Benaco, Lungolago Zanardelli, 44. Tel. : +39 03 65 20 308. Face au lac, excellente cuisine contemporaine, privilégiant les poissons du lac.

Brescia : Osteria Al Bianchi, via Gasparo da Salo, 32. Tél. : +39 030 29 23 28. Etape gourmande entre les deux lacs, dans le cœur historique de la ville. Très bons produits de la région aux prix modestes pour une cuisine traditionnelle.


Home | Contatti | Mappa del sito | | Statistiche del sito | Visitatori : 4329 / 4276747

Monitorare l’attività del sito it  Monitorare l’attività del sito culture et CULTURE  Monitorare l’attività del sito Gastronomie et régions   ?

Sito realizzato con SPIP 3.0.21 + AHUNTSIC

-->